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Cartes-cadeaux

Les cartes-cadeaux et la loi québécoise : ce que « n'expire jamais » veut vraiment dire

6 min de lecture

Un samedi de décembre. Quelqu'un que vous n'avez jamais servi achète une carte-cadeau de 50 $ pour sa sœur, paie, repart. Vous venez d'encaisser cinquante dollars pour des produits que vous n'avez pas encore servis. Et au Québec, ces cinquante dollars viennent avec des règles. De bonnes règles, pour l'essentiel, et plus simples que ce que bien des proprios craignent. Mais « la carte n'expire jamais », c'est la version courte. La version longue vaut quelques minutes de votre temps.

Ces règles se trouvent dans la Loi sur la protection du consommateur, qui traite la carte-cadeau comme une carte prépayée : de l'argent remis maintenant contre des biens ou des services plus tard. Quatre choses en découlent. La valeur ne peut pas expirer. Vous ne pouvez pas la gruger avec des frais. L'acheteur doit connaître les conditions et pouvoir vérifier le solde. Et les petits soldes restants peuvent être remboursés en argent.

Aucune expiration, et les exceptions sont étroites

Une carte-cadeau à valeur en dollars vendue au Québec ne peut pas porter de date d'expiration. Ni douze mois, ni cinq ans : aucune. Une carte de 50 $ achetée en décembre 2022 vaut encore aujourd'hui ce qu'il en reste, et elle le vaudra encore en 2030 si personne ne la dépense.

La loi prévoit une vraie exception : les cartes qui donnent un usage illimité d'un service pour une période donnée. Imaginons que vous vendiez un mois de café filtre à volonté. Ce mois-là peut se terminer, parce que ce qui a été vendu, c'est la période, pas un montant. Les cartes promotionnelles sont un autre cas : si vous distribuez gratuitement des cartes de 10 $ en promotion, personne n'a rien acheté, alors elles peuvent porter une date de fin. Mais le cas classique, un client qui paie de vrais dollars pour une carte à valeur accumulée, est intouchable. Ça n'expire jamais, point.

Les frais non plus ne peuvent pas gruger le solde

Une date d'expiration, c'est la façon rapide d'effacer de la valeur. Les frais, c'est la façon lente, et la Loi les bloque aussi. Pas de frais d'activation, pas de frais « d'inactivité » ou « de gestion » qui rongent une carte endormie jusqu'à zéro. Si la carte dit 50 $, c'est 50 $ jusqu'à ce qu'elle soit dépensée.

Le règlement permet quelques exceptions étroites, comme des frais pour personnaliser une carte ou remplacer une carte perdue, et un régime distinct existe pour les cartes de type centre commercial, acceptées chez plusieurs commerçants sans lien entre eux. Si vous êtes une seule enseigne qui vend sa propre carte, la règle pratique est plus simple que tout ça : ne facturez jamais rien au-delà de la valeur affichée.

« Il reste combien ? » doit toujours avoir une réponse

Avant la vente, la loi s'attend à ce que les conditions d'utilisation soient présentées clairement, y compris la façon de vérifier le solde. Pensez à ce que ça veut dire au comptoir. Une carte achetée il y a deux Noëls refait surface dans une poche de manteau. Si la seule façon de la vérifier, c'est de téléphoner pendant vos heures d'ouverture, vous allez soit brûler du temps d'équipe au téléphone, soit décourager la personne de revenir tout court.

La version raisonnable, côté opérations, c'est une page de solde accessible à tout le monde : on tape le code, on voit le montant, sans compte. C'est comme ça que fonctionnent les cartes-cadeaux dans Perkaria. Chaque carte a sa page de solde publique et bilingue, et « il reste combien ? » cesse d'être le problème de votre équipe en plein coup de feu.

La règle du 5 $ que bien des proprios ignorent

Voici celle qui surprend. Une fois la carte partiellement utilisée, si le solde restant est de 5 $ ou moins, le client peut en demander le remboursement en argent, et vous devez le lui remettre. C'est dans la Loi. Ça arrive rarement, et les montants sont petits quand ça arrive, mais une personne au comptoir qui n'en a jamais entendu parler va refuser. Vous voilà dans un échange malaisant pour 3,40 $, et en plus, le client a raison.

  • Dites-le à votre équipe de comptoir : solde de 5 $ ou moins après un achat, remboursable en argent sur demande
  • Consignez le remboursement comme n'importe quelle sortie de caisse, pour que le dossier de la carte se ferme proprement
  • Ne faites pas disparaître les petits soldes en douce : ce qui reste appartient au détenteur tant que ce n'est pas dépensé ou remboursé

L'argent des cartes n'est pas un revenu

Passons au côté comptable, parce que « jamais d'expiration » a une conséquence qui ne se voit que dans vos livres. Quand vous vendez une carte-cadeau, vous avez l'argent, mais vous ne l'avez pas encore gagné. Vous devez du produit. Imaginons : quarante cartes de 50 $ vendues en décembre, et vous détenez 2 000 $ qui ne sont pas un revenu de décembre. C'est une dette que vous rembourserez en desserts et en cafés, surtout en janvier.

Là où les cartes pouvaient mourir en silence, ce passif finissait par s'évaporer tout seul. Au Québec, non. Un solde non dépensé reste dans vos livres jusqu'à son échange. Il vous faut donc une réponse à jour à la question « on doit combien, au total ? ». Votre comptable va la poser en fin d'année, et « ce que dit la boîte à chaussures » n'est pas une réponse.

  • Un registre de chaque carte émise, rechargée et échangée
  • Un seul chiffre courant : le total des soldes en circulation, aujourd'hui
  • Un moyen de rapprocher l'activité des cartes et les ventes de votre caisse, pour que ce chiffre reste honnête

C'est ici que les certificats-cadeaux papier échouent pour vrai : personne ne reconstruit un passif à partir d'un tiroir de copies carbone. Une carte numérique fait la tenue de livres en passant. Dans le tableau de bord Perkaria, le total en circulation s'affiche à côté de vos chiffres de visites, et un rapprochement nocturne avec l'export de ventes de votre caisse garde le registre des cartes et le tiroir-caisse d'accord entre eux.

Pourquoi Perkaria applique tout ça par défaut

On a construit les cartes-cadeaux pour des comptoirs québécois. La loi n'est donc pas une liste de conformité à configurer : c'est la forme même du produit. Il n'y a pas de champ d'expiration. Il n'y a pas de grille de frais à activer. Votre équipe émet la carte depuis la tablette du comptoir, votre caisse actuelle encaisse l'argent, et chaque carte a sa page de solde publique dès le premier jour. Les cartes-cadeaux sont incluses dans les forfaits Croissance et Pro.

Et honnêtement, rien de tout ça ne fait de la loi un fardeau. C'est justement parce que la valeur est protégée que la carte-cadeau est un si bon produit à vendre : l'acheteur lui fait confiance, et vous encaissez pendant votre mois le plus occupé des visites qui rempliront votre mois le plus tranquille.

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